05/10/2017 News

Ahmed Hossam Mido, le roi du Caire

Retour sur le formidable parcours du golden boy du Caire, Ahmed Hossam Mido, entre grandeur et décadence.

 

Grande nouvelle : à 34 ans, Mido est de retour sur les terrains. Enfin sur le banc, puisqu’il a pris la tête du Wadi Degla, l’un des meilleurs clubs formateurs d’Égypte. Pour combien de temps encore ? Tout le monde se pose la question, sans avoir vraiment de réponse. Avec trois défaites en quatre matchs, le club cairote pointe à une modeste 12e place en championnat. Son manager, sous le feu des critiques, ne panique pas : « Je me fiche des résultats que nous aurons avant la trêve de janvier. Le plus important est de s’assurer que les joueurs s’adaptent à ma stratégie, et de faire confiance aux jeunes. » * Ahmed Hossam Mido n’est pas du genre à tergiverser, malgré un parcours d’entraîneur jusque-là chaotique. Sa dernière expérience en date, dans son club formateur du Zamalek, avait tourné court : sept matchs joués pour un licenciement en février dernier. « Mais mon premier passage au Zamalek, en 2014, avait été couronné de succès, se défend l’intéressé. J’ai réussi à introduire une nouvelle génération et à construire une équipe nouvelle qui collectionne encore les titres aujourd’hui. Nous avons aussi réussi à gagner la coupe d’Égypte dans une période compliquée. » *

 

« Je veux que mon fils soit comme Mido »

 

Régularité et fiabilité n’ont jamais été les points forts de Mido. L’ennui non plus. Et le public l’adule pour ça, dès ses 16 ans, alors qu’il brille précocement dans le championnat égyptien. À l’époque, les supporters n’hésitent pas à le comparer à Maradona, la presse au David Beckahm du monde arabe, pour ses cheveux gominés et son regard ténébreux. « Il a changé la mentalité des familles ici, disait Mahmoud Gouhary, l’un de ses premiers coachs en 2005. Avant, l’éducation passait avant le football. Désormais, les parents disent “Je veux que mon fils soit comme Mido.” » * Ses performances lui ouvrent alors les portes de l’Europe. Transféré en Belgique, au KAA La Gantoise, il termine soulier d’ébène (11 buts en 23 matchs) dès sa première et unique saison. Le phénomène, même pas majeur, a le Vieux Continent à ses pieds, même Miss Belgique, et signe pour l’Ajax Amsterdam.

 

 

Mido 3

 

 

De Zlatan…

 

En Hollande, il forme avec Zlatan Ibrahimović et Andy van der Meyde un clinquant trident offensif. Dès sa première saison, Mido réalise le doublé coupe-championnat et son rendement impressionne. Avec 10 buts lors des neuf derniers matchs de la saison, il devient le « Roi du Caire » et laisse Ibra sur le banc. Sa seconde saison, faite de frasques, clashs avec son coach et soirées arrosées, sera moins convaincante. D’abord prêté au Celta de Vigo, en Espagne, il rejoint l’OM en juillet 2003, contre 12 millions d’euros. « Notre recrue vedette, avec beaucoup de talent, de la générosité dans l’effort offensif, une grosse puissance physique et frappe de balle », qualifie son ancien coéquipier Sylvain N’Diaye. Le mariage semble parfait. « Il y avait une très grosse effervescence, confirme Christophe Champy, alors rédacteur en chef d’OMtv. Tout le monde était curieux de voir ce joueur de la jet-set égyptienne, à l’anglais parfait, ce playboy international, vraiment. »

 

… à Drogba

 

Cette année-là pourtant, Didier Drogba, autre recrue de l’OM, enflamme le Vélodrome et relègue Mido au rang de doublure, malgré quelques bons matchs de qualité. Après 9 buts en 33 matchs, l’Égyptien file à la Roma, sans s’imposer. Idem à Tottenham, Middlesbrough, Wigan, West Ham. Fort de ses 51 sélections, il remportera tout de même la CAN 2006, mais il ne goûtera pas à la finale, car fâché avec le sélectionneur Hassan Shehata, coupable de l’avoir remplacé un peu trop tôt en demi-finale. « Si j’étais resté sur le terrain, j’aurais marqué. Je suis désolé pour les supporters, mais je ne m’excuserai pas auprès de Shehata » *, déclara-t-il après l’incident, avant de faire amende honorable. De retour à l’Ajax puis au Zamalek, avant une dernière pige ratée à Barnsley (D2 anglaise), il mettra un terme, âgé d’à peine 30 ans, à sa carrière. Monté trop haut, trop vite, sans doute trop amoureux du succès, des femmes, de la vie, le Pharaon n’aura jamais concrétisé son immense potentiel de joueur.

 

 

Mido 2

 

 

 

* Propos de Mahmoud Gouhary issus de Vice Sports, et ceux de Mido de ahramonline.