02/10/2017 News

Les Hadji, une famille en or

Les générations de Hadji se succèdent sur les terrains avec une capacité fantastique à mener des carrières à rallonge. De Mustapha à Samir, en passant par Youssouf, retraçons l’épopée ballon de la famille.

 

Il y a d’abord eu Mustapha, l’aîné, qui a ouvert la voie. Puis son petit frère Youssouf, qui s’y est engouffré la tête la première. Aujourd’hui, alors que le premier est retraité et que le second vit ses dernières saisons, c’est Samir, le fils de Mustapha, qui reprend le flambeau. En cumulé, les Hadji squattent les terrains de football depuis le début des années 1990 avec un goût prononcé pour la région Grand Est. Tout a commencé quand Mustapha, né à Ifrane au Maroc et arrivé en France étant gamin, est passé pro à Nancy, club pour lequel il est devenu une légende. Élégant et efficace, il s’amuse au stade Marcel-Picot pendant quatre saisons en allant même faire un tour aux États-Unis pour disputer la Coupe du monde 1994 avec les Lions de l’Atlas, avant de décoller pour le championnat portugais deux ans plus tard. Dommage, car s’il était resté un peu plus longtemps, il aurait croisé la route de son petit frère, Youssouf, passé pro à Nancy en 1999. À l’ASNL comme en sélection, avec leurs neuf années d’écart, les Hadji se sont suivis sans jamais avoir l’occasion de jouer ensemble et n’ont été présents sur la même feuille de match qu’une seule fois, lors d’une rencontre face au Gabon. Mais faute d’avoir réussi à jouer ensemble dans la même équipe, les frères Hadji ont réussi à entretenir leur ressemblance.

 

 

Youssouf Hadji 2

 

 

Passion Grand Est

 

Quand Youssouf démarre sa carrière, Mustapha est au sommet de son art et reçoit le Ballon d’or africain après avoir flambé au Mondial 1998. Et en faisant connaissance avec le petit frère, les observateurs hallucinent. Youssouf et Mustapha se ressemblent comme des jumeaux, portent tous les deux les cheveux longs, et poussent le vice jusqu’à adopter le même style de jeu. Lors d’un match de Nancy contre Marseille, un commentateur se fait d’ailleurs berner et passe 90 minutes à appeler Youssouf « Mustapha Hadji ». Mais alors que l’aîné a tenté de réussir à l’étranger en enchaînant les contrats au Portugal, en Espagne, en Angleterre ou en Allemagne, le cadet préfère rester dans l’Hexagone. Il tente une première expérience à Bastia, puis à Rennes, avant de revenir au bercail et d’enfiler à nouveau le maillot de Nancy en 2007, à une époque où les Chardons cartonnent. « Les années avec Pascal Berenguer, Mike Chrétien, Issiar Dia, toute cette équipe, ça me manque, confie-t-il plusieurs années plus tard. On avait une équipe de malades. En 2007-2008, on partait pour le maintien, et on finit par jouer le podium... » Un amour de l’Est que Mustapha retrouve au moment de faire ses adieux, puisqu’au même moment, il part vivre une dernière aventure au Luxembourg, à un jet de pierre de la frontière, avec trois saisons au Fola Esch avant de raccrocher définitivement. Youssouf, lui, finit par tenter enfin l’aventure à l’étranger et file au Qatar puis en Turquie, mais se lasse vite. Alors en 2014, il décide de rentrer en France. À Nancy, forcément.

 

La dynastie

 

L’ASNL fait alors le yo-yo entre la Ligue 1 et la Ligue 2, mais Youssouf voit grand : « On joue dans un stade de Ligue 1, on a tout pour jouer en première division. On sent qu’on joue dans une grande équipe, c’est pour ça que je pense que Nancy doit absolument jouer en Ligue 1 ! » Quant à Mustapha, il profite à fond de sa popularité démentielle au Maroc après sa retraite sportive et jongle entre les jobs de consultant, de commentateur ou d’entraîneur-adjoint de la sélection. Il envoie surtout son fils Samir sur les terrains pour faire vivre la dynastie des Hadji. Et le garçon a gardé les bonnes vieilles habitudes de son père et de son oncle, puisqu’il a terminé sa formation à Nancy avant d’arriver à Strasbourg. Aujourd’hui, Samir mouille le maillot du Fola Esch au Luxembourg, comme son père cinq ans plus tôt. Du haut de ses trente-sept printemps, Youssouf peut marcher tranquillement vers la fin de sa carrière. Le drapeau « Hadji » est toujours sur les terrains.

 

Youssouf Hadji